Jean-Claude Charbonel

Jean-Claude Charbonel est né en 1938 à Clichy et vit actuellement dans les Côtes d’Armor. En 1959, il rencontre Serge Berna, en compagnie de qui il expose des tableaux « matiériques », et Pascal Colard, avec qui il fonde en 1964 la revue et le groupe Rupture, qui préconise la constitution d’une nouvelle fédération révolutionnaire inspirée de la FIARI de Breton et Trotsky. Les contacts pris à cette époque avec le mouvement surréaliste et celui de Phases n’ayant pas abouti, Charbonel organise diverses expositions originales en 1967 et 1970. En 1972, il rompt avec ses coéquipiers de Rupture, poursuivant quelque temps une trajectoire isolée.

Il organise alors un cycle d’expositions à Saint-Brieuc, donnant à voir des œuvres, entre autres, d’Anton Zydron, Richard Comte et Maurice Odic, puis en 1975, Sept en un set, manifestation collective dont l’esprit n’est pas sans présenter des affinités avec celui caractérisant les activités du mouvement Phases, ce qui le conduira la même année à rejoindre Édouard Jaguer et ses amis, suivant quelques années plus tard par Richard Comte puis par Maurice Odic.

Il participe dès lors aux activités de Phases, publications (Phases puis Ellebore) et expositions dont il sera co-organisateur pour certaines d’entre elles (25 images du mouvement Phases, Le Havre, 1986 ; L’Expérience continue, Musée du Havre, 1988 ; Planisphère Phases en Côtes d’Armor, 1994 ; 26 images du mouvement Phases, Saint-Brieuc, 2002), ainsi qu’aux manifestations autour du surréalisme (Chicago, 1976 ; Milwaukee, 1978 ; Lyon, 1981, etc.)

Professeur d’arts plastiques en Côtes d’Armor, il contribue au développement d’un réseau de galeries à vocation pédagogique et joue ainsi un rôle d’animateur artistique dans la région en organisant de nombreuses expositions individuelles et collectives qui attestent de sa fidélité aux principes d’action et d’expression du surréalisme. Il est également co-fondateur d’un collectif de plasticiens en Côtes d’Armor et participe à de nombreuses expositions en Bretagne.

Procédant d’un automatisme à plusieurs vitesses, la peinture de Charbonel se porte à la rencontre de créatures venues du fond des âges, évoquées par vaporisation, bombages et empreintes d’objets usuels, comme ces « Armorigènes » dont il a découvert l’existence voici quelques années et qui n’ont cessé depuis de se tailler un empire à travers les plages et les forêts de l’humour poétique le plus évolué.

Le film de Ludovic Tac dont il et co-scénariste, Les Voyageurs du temps des rêves armorigènes, réalisé en 2006, rend compte de préoccupations partagées avec Édouard Jaguer concernant la nécessaire invention de nouveaux mythes.

« Il n’est pas mauvais de créer par l’image, peinte ou sculptée, un folklore spécifiquement humoreux, où s’exprime ouvertement l’aspiration à une fantaisie libertaire. Quand une race totémique nouvelle surgit ainsi du néant, en se parant par surcroît de toutes les splendeurs de l’ambre et du jade, comme c’est heureusement le cas pour les “Armorigènes” de Charbonel, nous ne pouvons que nous estimer comblés… » (Édouard Jaguer, Infosurr, n° 31, 1999)


Jean-Claude Charbonel aux éditions du Grand Tamanoir :

Pages de mégarde