Christian d’Orgeix

Né le 18 décembre 1927 à Foix dans l’Ariège, il rencontre Hans Bellmer en 1947 dans le Midi, rencontre capitale. À Paris en 1948, il va cohabiter et collaborer avec ce dernier pendant dix ans – d’Orgeix servant, par exemple, de « petite main » pour coloriser les photographies de la deuxième poupée de Bellmer, ils passeront de nombreuses après-midi sur les terrasses de café à dessiner. Exposé en Allemagne avant de l’être en France (dès 1955) il découvre et fait connaître la peinture de Friedrich Schröder Sonnenstern et de Richard Oelze. Plus tard, il se lie d’amitié avec Konrad Klapheck et avec Sergio Dangelo. Il sera publié dans la revue Le Surréalisme même, et participera à l’exposition EROS (1959).

Par Bellmer, il fréquente bien sûr le groupe surréaliste. Mais il n’appointe ni au surréalisme ni à l’informel abstrait à la mode dans les années cinquante. Sa peinture sera toujours à part et de ce fait en dehors des histoires de l’art des magazines. Il participera à de nombreusesexpositions du mouvement Phases animé par Édouard Jaguer ; des écrivains ou artistes l’accompagneront ou écriront sur lui comme Henri-Pierre Roché, Ragnar von Holten, José Pierre, Arturo Schwarz, Renzo Margonari…

« Christian d’Orgeix, homme entier, intègre, luttant contre vents et marées, suivant une route étroite, peu fréquentée, toujours à la marge – de la société, cela va sans dire, mais aussi de tout groupe constitué – ce qui lui a, à de nombreuses reprises, fortement compliqué la tâche. »

« Cet homme est un anachronisme. Un insaisissable atemporel. Peintre surréaliste disent certains. Mais, d’aucune faction, il a beaucoup pris du mouvement et beaucoup donné au mouvement sans toutefois en faire partie. Farouche d’une seule feuille. »

« Ce qui frappe au premier abord, c’est son élégance, tant dans les manières que dans les propos. Puis son érudition des obscurs, ses fascinations pour les merveilles oubliées. L’obscur, il l’a vécu au quotidien, partout où il a habité, dans ces ruines poussiéreuses, entoilées par l’aragne, où l’humidité favorise les développements de champignons mystérieux et surtout dessine sur les murs des messages de beauté. »

Citations de Christian Oestreicher, août 2014

 « Mes peintures et mes dessins avaient pour point de départ l’automatisme et cela suffisait à les rendre éligibles pour le surréalisme. Ensuite, mon attrait pour l’ésotérisme et pour l’alchimie donnait à ma peinture une saveur particulière qu’appréciait ce mouvement. Aussi, bien que n’ayant jamais adhéré au groupe surréaliste pour des raisons personnelles, ma peinture suscitait un vif intérêt de la part des surréalistes »

Christian d’Orgeix, entretien avec Fabrice Flahutez, 2006

Pour une présentation plus complète de Christian d’Orgeix, voir l’article de Christian Oestreicher sur le site Infosurr.